Histoire

Le canton de Garlin appartient à ce petit territoire du Nord-Est, appelé «Vic-Bilh». En effet, le cœur du Vic-Bilh antique se trouvait dans les actuels cantons de Garlin et Lembeye.

Peu fréquenté au Paléolithique, ce territoire le fut davantage au Néolithique et à l’âge du bronze (Taron). De l’âge du fer, c’est le monde des morts qui a laissé le plus de témoignages avec l’architecture des tombes, cercles de pierres, massifs de galets, coffres funéraires. Ces vestiges ont su résister au temps, sous les tumuli qui avaient pour rôle de préserver les sépultures.

Cependant, aucun témoignage du monde des vivants, aucune habitation n’a pu résister au temps, à cause de l’utilisation des matériaux périssables comme le bois et le torchis. A Garlin et Boueilh, des fouilles de sauvetage ont révélé au centre des tumuli, des massifs de galets soigneusement agencés comprenant des urnes, des fers de lance, des bracelets, des fibules. L’occupation du territoire durant ces périodes est indéniable, diffuse, sans doute pastorale, jalonnée par des tumuli élevés à l’âge du bronze ; le peuplement était regroupé sur les collines. Ce fut le commencement de la sédentarisation. Le chemin de Saint-Pé, chemin de crête sud-nord passant par Mouhous, Taron, et Garlin, était jusque-là la voie empruntée par les nomades…

Au Ier siècle, le Vic-Bilh appartenait pour l’essentiel au territoire des Venarni, l’une des quatre tribus formant le peuple des Tarbelli quattuorsignni, intégré à la grande Province d’Aquitaine créée par Auguste.

A partir du IIème siècle de notre ère, les villae (habitat rural, centre de l’exploitation agricole ou viticole) s’implantèrent dans les collines du Vic-Bilh. Elles ont vraisemblablement du s’appuyer sur une aristocratie déjà installée dans les aedificia (grandes fermes) sur des sites privilégiés (climatiquement et topographiquement). Les pavements en mosaïques découverts à Taron révèlent des décors à thèmes géométriques (damiers, tresses, cercles, rubans ondés) et des motifs végétaux (pampres, guirlandes de lauriers, acanthes). Mais ce qui est relativement exceptionnel pour le secteur du Vic-bilh et qui est présent sur les mosaïques de Taron, ce sont ses décors d’architecture (portique où trois colonnes supportent des arcades polychromes) à l’intérieur duquel apparaît un poisson. Ces mosaïques sont datées du IVème et Vème siècles.

D’autres vestiges d’établissement antiques ont été décelés dans le canton, telle une statuette de Mercure en bronze trouvée à Mendousse (Burosse). Les archéologues ont aussi la certitude d’un établissement gallo-romain à Saint-Jean-Poudge et Baliracq, sans qu’il s’agisse pour autant d’une villae. L’ensemble du territoire était occupé par ces grands domaines généralement construits à mi-pente d’un vallon, exposées au sud-est, à l’abri des pluies et des vents et toujours proches de sources abondantes.

A cette époque le canton était traversé par une voie qui rejoignait Atura (Aire sur Adour) à Oppidum Novum (Lourdes) et qui passait près de Saint-Jean-Poudge, depuis Projan et Mascaràas.

L’essor global du haut Moyen-Âge trouve son reflet dans la multiplication des paroisses au Xème siècle. Notre-Dame de Taron, Saint Pierre de Baliracq, Saint-Martin de Mendousse sont les plus anciennes. De cette période nous retrouvons les noms qui désignent les villages de hauteur tels Moncla et Mont-Disse, et les villages de rivières comme Ribarrouy. Les noyaux d’habitat les plus anciens se sont constitués autour des églises paroissiales sous la forme de très modestes hameaux. Mais très vite, avec l’apparition des maisons vicomtales de Béarn, les châteaux se sont implantés vers le milieu du XIème siècle, sur des mottes, et les villages se sont constitués autour d’eux. Il s’agit de l’origine des castelnaux (Castetpugon, Conchez-de-Béarn). Le réseau des bourgs a achevé de se constituer au début du XIVème siècle, suivant un processus où l’on est passé du castelnau à la bastide. La dernière création fut donc Garlin, où la vicomtesse régente Marguerite vint fonder en 1302-1305, la bastide à l’emplacement d’un village existant, en paréage avec ce peuplement et les hospitaliers. La «nouvelle ville» de Garlin avait un rôle de jalon frontalier du domaine béarnais, face aux bastides anglaises de Pimbo et de Sarron. Depuis la fin du Moyen-Âge, ce pays de landes et de bois, de campagne et de vignobles, de petites communautés villageoises dispersées, appartenant au parsan du « Vic-Bilh », a conservé la plupart de ses caractères jusqu’à une époque très proche de la nôtre.

Le temps des vicomtes de Béarn (XIIème-XVIème siècles) fut marqué économiquement par les ateliers monétaires et « politiquement » par les Fors de Morlaàs. En effet, les deniers et oboles, dites « baquettes du Béarn », à cause de l’emblème du Béarn et des deux vaches – frappés dans les ateliers de Morlaàs, s’imposèrent peu à peu, comme moyen de paiement dans tout le secteur du Vic-Bilh. D’autre part, l’apparition des Fors (série de privilèges accordés dès le XIIème siècle), c’est-à-dire des « coutumes » régissant les rapports entre le vicomte et ses sujets limitait étroitement la puissance du souverain. Il s’agissait d’une véritable charte applicable aux béarnais, précisant droits et obligations de chacun.

Il est admis que le secteur du Vic-Bilh, et donc du canton de Garlin, ne tint pas une place marquante dans la vie religieuse du Béarn à cette époque. Toutefois, au XIIIème siècle il y eut un nombre très important de maisons nobles dans le nord-est du Béarn. Les nobles, avec le concours du vicomte surent parfaitement remplir leur fonction militaire (Odet, seigneur d’Aydie sut faire carrière au service de CharlesVII et de Louis XI). Cette zone frontalière devint particulièrement menacée à partir du XIIème siècle quand les Foix Béarn s’opposèrent aux Armagnac pour obtenir l’héritage de la Bigorre. Cette véritable guerre de Cent Ans locale culmina sous Gaston Fébus. Le rôle stratégique de cette frontière prit fin lorsque les comtes de Foix Béarn obtinrent au XVème siècle le titre de comte de Bigorre.
Les périodes ultérieures (XVème-XVIIIèmes siècle) furent marquées par des difficultés, sur le plan agricole et économique. Délaissé par ses princes, le Vic-Bilh se trouva plus que jamais voué à l’isolement.

Après la révolution, la nouvelle organisation administrative découpe durant quelques années le territoire en deux cantons, celui de Garlin et celui de Conchez-de-Béarn, qui seront ensuite réunis. L’histoire locale épouse alors celle de la France et n’échappe donc pas aux évolutions techniques ni aux évènement politiques comme les conflits mondiaux du 20° siècle qui laissèrent comme partout ailleurs des traces aujourd’hui encore vivante chez la population. La « bataille de Portet » du 3 juillet 1944 où l’armée allemande fit prisonniers 70 personnes qui furent exécutées, pour certains au village et pour d’autres au Pont-Long (à l’entrée de Pau), et détruisit plusieurs maisons du village, a beaucoup marqué les habitants.

Par la suite, dans les années 1950 et 1960, la révolution verte (développement important de la production de maïs) et la découverte de réserves de pétrole permirent un nouveau développement et la modernisation des conditions de vie. Aujourd’hui, cette terre de tradition se tourne résolument vers l’avenir, consciente de son histoire et de son identité, et ouverte à son époque.

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